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TUTSI !
Paroles de rescapés par les rescapés eux-mêmes

Collecte Réussie


| ARTS DE LA SCÈNE
|

6 590,00 €

6 000,00 € demandés

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Présentation du projet

- Extrait -

Jeanne : On fait une petite explication quand même ? On a chacun écrit un mot, et là on est tombés sur…
Manzi : Imodoka, voiture...
Mignonne : uhh !
Jeanne : Je sais pas, on parle des souvenirs qui restent derrière toi, des souvenirs d’enfance... si ça peut toucher le génocide c’est bien, mais tout ce qui peut te traverser, les images qui te restent de la voiture, dans la vie antérieure...

D'un lieu de paroles...

De janvier à juillet 2013, à l’initiative de Valens Kabarari, jeune artiste rwandais (cinéaste) rescapé du génocide tutsi de 1994, ainsi que d’Elise Delage, psychologue clinicienne lyonnaise, se réunit chaque mois un groupe formé de huit jeunes tutsi, tous enfants au moment du génocide, tous rescapés. Dans le cadre d’un rituel simple et efficace –tirage au sort d’un mot à partir de mots du quotidien inscrits anonymement sur des petits papiers et réunis dans un panier traditionnel rwandais, passation d’un foulard en guise de bâton de parole- , ces rescapés mettent en commun leurs souvenirs, en toute confiance, en toute liberté. La démarche de témoignage n’est pas ici prioritaire, même si elle est évidemment omniprésente : il s’agit d’abord d’être ensemble, et de se réchauffer à la parole des autres, fût-elle douloureuse.

Ainsi, au fil de mots comme "urwagwa" (vin de banane), "radio", "imodoka" (voiture), "haricot rouge", "igitabo" (livre) ou encore "banane", s’exprime peu à peu une mémoire faite de souvenirs intimes ou collectifs : évocation d’enfances sur les collines rwandaises, de la famille et des amis qui ne sont plus, de la survie pendant les massacres, de la reconstruction après le génocide. Entre rires, pleurs, colère et étonnements, les histoires s'égrènent au fil des digressions, sans jamais perdre de vue le mot/fil rouge de la soirée. Les séances sont toutes enregistrées, et retranscrites, dans leur pleine intégrité : répétitions, hésitations, rires et balbutiements fondent au moins autant l’identité du groupe que les témoignages qu’il transmet.

... à un spectacle : TUTSI !

En avril 2013 a lieu la rencontre avec Dominique Lurcel, metteur en scène. Lyonnais depuis peu, il a déjà travaillé à plusieurs reprises sur la question des génocides. Il a mis en scène, en 1995, Conversations avec Primo Levi, spectacle joué (Avignon In, Paris et dans toute la France) pendant sept saisons. Surtout, il a abordé le génocide tutsi en adaptant et en mettant en scène, en 2007, les témoignages réunis par Jean Hatzfeld dans Une saison de machettes. Immédiatement « accroché », il accepte le principe d’une collaboration. Invité à la réunion de juin – c’est le jour du mot « haricot rouge » - il décide alors de s’engager totalement dans le projet.

Le choix des textes:

Un choix difficile, face à une matière extrêmement riche – plus de dix heures d’enregistrement, 150 pages dactylographiées - dont se chargent, à partir de septembre 2013, Elise et Dominique, les seuls à avoir un regard « autre », (relativement) distancé. Fin décembre, au terme de plusieurs réunions, subsistent une quarantaine de pages : choix dont l’ambition première est de rendre compte de la très grande diversité des récits, de la variété des émotions –et des formes : monologues, moments collectifs, récits, débats…. Des fragments, sans montage ni déroulé fixe, pour laisser toute la place aux ajustements possibles, à l’élaboration collective ultérieure, dans la volonté de ne rien « bétonner ».

La mise en jeu:

Depuis le 15 janvier, les ateliers hebdomadaires ont commencé, avec le groupe au grand complet :travail d’approche « doux ». Temps de mise en condition, de mise en confiance, de jeux. Exercices de passation de textes (lus/transmis/ projetés) ; exercices d’énergie, individuelle et collective. Approche d’un travail choral. Construction progressive, parallèlement, du spectacle, assemblage des éléments.

Début mai, on passera à la vitesse supérieure : on a prévu un minimum de deux week-end de travail intensif, situés dans une maison calme et hors la ville-, un travail concentré et serein à la fois, qui permettra de construire le spectacle définitif, dont la création aura lieu le 17 juin 2014. à la Maison des Passages, 44 rue Saint-Georges,à Lyon (69005)

Ensuite…on espère d’autres représentations après l’été, en région lyonnaise et en région parisienne (plusieurs théâtres proches de Dominique Lurcel ont déjà manifesté leur intérêt…)

www.ibuka-rhone-alpes.org

www.passeursdememoires.fr

A quoi sert l'argent collecté

L’aide du Conseil régional Rhône-Alpes et la participation financière de la Cie permettent de couvrir salaires et charges concernant les deux porteurs du projet, et couvrant toute la période Janvier 2013 / Juin 2014.

La demande faite à Proarti concerne les frais de création du spectacle (autres salaires, frais de matériel et différents frais de fonctionnement) .

Tout dépassement éventuel de la somme globale demandée serait entièrement affecté à un fonds destiné à la diffusion ultérieure du projet (publicité, transport de l’équipe, etc.).


Montant de l'appel à dons

6 000,00 €

Montant Global

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Dépenses

Désignation Montant

TOTAL

TOTAL 0,00 €

Recettes

Désignation Montant

Proarti

Financement participatif proarti 6 000,00 €

TOTAL

TOTAL 6 000,00 €

- Le point de vue de Dominique Lurcel -

Lors de ma première rencontre avec Jeanne, une des responsables d’Ibuka, j’étais très ému, et en même temps sur mes gardes : chaque fois que j’ai travaillé sur un projet théâtral lié à la question du génocide – juif ou tutsi-, je me suis méfié de tout pathos. Emouvoir avec des récits de victimes est, à mes yeux, chose « facile » et un peu douteuse : j’ai toujours le sentiment qu’on prend le public en otage, qu’il n’a pas le choix, qu’il ne peut être que bouleversé. Et accablé. Ce que je me refuse de donner comme fonction au théâtre. Mais la soirée passée en juin avec Jeanne, Valens, Jean-Paul et leurs amis m’a bouleversé. Justement parce qu’il n’y avait là aucune trace de pathos.

Il y a dans leurs échanges, dans leur façon de dire et d’être, quelque chose de profondément original : un mélange d’émotion, de distance, de rires incroyables et même –il faut oser le mot- de ce qui pourrait être ressenti comme une forme de légèreté. Une originalité qui tient, en partie, à leur âge au moment du génocide. Entre douleur, nostalgie et rires, à chaque moment de leurs mots, de leurs silences, de leur écoute, leur enfance –et celle dont ils ont été privés- est là, tangible. Cela tient aussi au « jeu » qu’Elise Delage leur a proposé, et qui correspond si justement à leur approche de la mémoire. Ce soir-là, je n’ai pas vu d’abord des témoins, encore moins des victimes. J’ai vu des acteurs de leur propre vie, des gens bourrés de jeunesse, de vitalité, d’humour. Prêts à devenir, sur le plateau, des acteurs « pour jouer ».

Je ne sais pas encore ce que sera la forme définitive du « spectacle ». Ce sera sans doute une sorte de « patchwork » mêlant moments de théâtres, scènes dialoguées et monologues, phases individuelles et moments choraux, au côté desquels il pourra y avoir des passages simplement transmis par une lecture. Et des chants, ceux de leur enfance, par lesquels l’émotion et la mémoire s’engouffrent. Chants d’un passé heureux, et disparu. Il est trop tôt pour en dire davantage ; il faut laisser sa part à la construction collective.

Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il s’agira essentiellement de conserver la part ludique de leur démarche et la forme ritualisée de leurs soirées. De mettre en avant, aussi, cette mémoire du quotidien, des petites choses, une mémoire, comme le souligne Elise, « qui se démarque du témoignage et du discours de l’histoire », et qui fait de leurs récits autant de moments uniques, irremplaçables.

Sans oublier que, dans chaque instant passé avec les membres de ce groupe, c’est l’énergie et le sentiment du bonheur qui l’emportent. De la sur-vie. Et c’est cela qu’il faudra faire entendre, sur la scène.

Contreparties

Merci !

pour 10,00 € et +

2 ARTINAUTES

Murakoze cyane(Merci beaucoup)!

Bravo !

pour 20,00 € et +

8 ARTINAUTES

Un Agaseke (petit panier traditionnel rwandais)

Super !

pour 50,00 € et +

16 ARTINAUTES

Un Agaseke (petit panier traditionnel rwandais) + un dvd du spectacle

Génial !

pour 100,00 € et +

7 ARTINAUTES

Un Agaseke (petit panier traditionnel rwandais) + un dvd du spectacle + un cd de musique rwandaise

Houra !

pour 300,00 € et +

1 ARTINAUTE

Un Agaseke (petit panier traditionnel rwandais) + un dvd du spectacle + un cd de musique rwandaise + le film documentaire "Fragments de mémoires" sur le déroulement du projet depuis janvier 2013

Oh punaise ... !

pour 500,00 € et +

0 ARTINAUTES

Un Agaseke (petit panier traditionnel rwandais) + un dvd du spectacle + un cd de musique rwandaise + le film documentaire "Fragments de mémoires" sur le déroulement du projet depuis janvier 2013 + remerciements au générique et place d'honneur à la première !