Mécénat

Together!

Par: Together!

J-22


| ARTS DE LA SCÈNE
| Paris
| PRODUCTION

4 500,00 €

6 300,00 € demandés

60
Soutiennent
0
Recommandent
2
Suivent
71%

Présentation du projet

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TOGETHER !

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Avant toute chose, nous tenons à vous remercier toutes et tous de venir consulter et/ou soutenir notre création théâtrale. Nous arrivons à un stade de notre travail où nous éprouvons plus que jamais la nécessité de faire appel à un financement participatif, ce qui n'était pas prévu au début de l'aventure. Nous insistons là-dessus parce qu'il s'agissait pour nous d'un dernier recours, avant le point final de notre production, et que nous sommes aujourd'hui contraints de demander.

Sachez que votre générosité, aussi petite soit-elle, permettra à notre équipe de terminer dans de meilleures conditions la création de notre pièce, sans avoir à souffrir ni du temps de répétitions perdu, ni du stress supplémentaire que cela peut générer, d'avoir une scénographie inaboutie et une direction technique mal assumée.

Merci encore, et à bientôt nous l'espérons, au cours de nos diverses présentations publiques et/ou de nos représentations futures dont le détail se trouve à la fin de cette page.


L'histoire

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L’histoire prend place dans une institution fictive appelée « Together! ». Cette organisation accueille des “jeunes” âgés de seize à vingt-cinq ans et des “vieux” de plus de soixante-deux ans, les premiers dans l’attente de rentrer dans la vie active, les seconds au sortir de celle-ci, c’est-à-dire au moment de leur retraite.

L’Institution regroupe ses membres par binômes : chaque jeune est lié à un vieux à son entrée, et ce lien ne se rompt qu’à la mort naturelle de la personne âgée. Le jeune peut alors quitter définitivement les lieux et commencer sa “vraie” vie. L’Institution se fixe ainsi une mission double : l’accompagnement des plus vieux jusqu’à leur mort et la préparation des jeunes à la vie d’adulte.


Travail préliminaire et genèse du projet

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  • ENQUÊTE ET OBSERVATIONS

Le point de départ du projet Together! a été de se pencher sur des communautés qui s’organisent en marge de ce que l’on a l’habitude d’appeler la « vraie vie », c’est-à-dire la vie de l’adulte, la vie active, celle du travailleur. Ces communautés partagent des modes de vie qui n’ont pas de légitimité en soi. Elles se définissent soit en devenir (dans l’attente pour les « jeunes » par exemple de devenir des adultes, ou pour les « malades » de retrouver la santé) soit en regrets (les « vieux ») : faisant ainsi de l’accès à la vie active l’équivalent d’une deuxième naissance, et de la retraite l’antichambre de la mort.

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Le travail a donc débuté en allant à la rencontre des institutions qui abritent et surtout encadrent ces communautés éphémères. Nous avons pensé aux maisons de retraites dont l’appellation recouvre aussi bien les maisons de repos hospitalisées que les simples centres d’accueil de jour. Mais, il a fallu s’intéresser aussi aux campus des grandes écoles, aux universités et autres pensionnats disciplinaires, ou encore aux départements des hôpitaux dédiés à la réinsertion sociale ou à la réadaptation. Il est sorti de ce travail d’enquête une observation qui petit à petit a pris la forme d’une conclusion : moins l’existence est valorisée socialement, plus elle est institutionnalisée, réglementée et esthétisée. Et ces trois aspects sont tout aussi importants, n’ayant de cesse de s’influencer et de se répondre. Ainsi, des résidents de maisons de retraite qui retrouvent dans les couleurs pastels de leurs murs ou la décoration tout en roses, lavandes et tulipes blue parrot de leur salle commune, une police assidue, quasi horlogère, qui octroie à chaque espace son activité, à chaque heure son repas et à chaque émotion sa couleur. De manière tout aussi éclairante, voilà les étudiants, écoliers ou pensionnaires en mal d’insertion, dont le quotidien tout entier se mue en un espace d’attente éclairé par la froideur de néons suspendus à des faux plafonds.

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Autant de signes visibles, autant de traces laissées par une même volonté de « bien faire pour eux », la même charité bienveillante qui embaume leur passé ou glorifie leur futur pour mieux les éloigner du présent. Il y a ici, sur ces murs et entre ces couloirs, la tentation claire de faire disparaître entre deux pots de fleurs des ancêtres, spectres d’une mort prochaine qui effraie, et de contrôler entre deux préaux bitumés une descendance toujours trop prompte à prendre – ou pas – sa place dans la vraie vie. Le délaissement et l’éducation, transformés en architectures disciplinaires, déploient leurs propres couleurs et leurs propres odeurs pour parvenir à leurs fins. Il s’agit ni plus ni moins que de l’institutionnalisation, de la réglementation et de l’esthétisation d’une soumission, la soumission aux impératifs implacables de la figure quasi mythologique de l’adulte-actif. Toujours plus efficace, plus autonome, plus rentable, sans racine ni attache, flexible, ailleurs comme partout le même et dont la prégnance se mesure à sa seule capacité d’adaptation à un monde toujours plus mouvant. Or, cette figure fantasmatique hait autant qu’on lui rappelle sa mortalité et les traces de son dépérissement inévitable, que l’arrogance d’une jeunesse jugée immature et irresponsable. Le langage de vente des maisons de retraite autant que celui des campus universitaires et des pensionnats masque trop mal leur visage véritable : à mi-chemin entre les techniques du nouveau marketing et les paroles fleuries de fondations caritatives, c’est leur bienveillance que les adultes-actifs vendent au prix fort. Au prix d’une relégation aux marges de la vraie vie, là où l’imaginaire social fait trompeusement se côtoyer les chômeurs oisifs et les étudiants qui sortent, les jeunes des banlieues qui traînent et les retraités qui jardinent. Tous attendent sur le banc, certains trépignent, d’autres se calment peu à peu, jusqu’à ce qu’on les appelle sur le terrain, ou qu’on les oublie, définitivement.

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  • DEMARCHE ET INTENTIONS

Nous pensons que derrière chaque maison de retraite, chaque pensionnat ou chaque campus universitaire, se niche le potentiel indubitable d’un oubli qui peu à peu deviendra indifférence et enfin refus. Refus de soumettre sa vie à une définition exclusive de la « vraie » vie, refus de n’être qu’éphémère, transitoire ou passager, prisonnier d’une « préparation » ou d’une « occupation », refus de laisser la coutume et la bienveillance vernir la violence du rejet et du contrôle.

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Notre pièce de théâtre se conçoit comme une plongée dans les obscurités abyssales à l’origine d’un tel refus, dans les insomnies d’une mission qui peu à peu perd son sens. L’oubli progressif des impératifs de la vie active permet un point de fuite non pas vers l’avant précipité d’un avenir rayonnant, mais vers les personnages eux-mêmes et ce qu’ils sont, leurs désirs les plus enfouis comme leurs angoisses les plus intimes. Le travail de Together! est une tentative de représentation de cet oubli, du visage que prendra cette indifférence lente et collégiale sans en taire pour autant les doutes et les interrogations : autour de quoi la communauté va-t-elle se réorganiser, une fois la vie active oubliée ? Comment sortir du piège du « fainéant » ou du vacancier qui remplit son temps de hobbies et autres divertissements pour éviter de regarder le véritable vertige d’une vie inoccupée ? Que reste-t-il de la communauté si l’institution n’est plus une contrainte ? Et que reste-t-il de l’institution si sa mission ne fait plus consensus ? Enfin, comment être sûr qu’après l’évasion et l’acceptation de l’étrange, la haine et la violence ne naissent pas en lieu et place de la douceur ?


Où et comment découvrir Together ?

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  • Sortie de résidence les 19 et 20 janvier 2018 au Théâtre de la Boutonnière, Paris

  • En avril 2018, action culturelle à la Maisons de repos et dans les établissements scolaires, Poitiers, Vienne

  • 28 et 29 avril 2018, création du spectacle aux Studios de Virecourt, Benassay, Vienne

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CALENDRIERS

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Calendrier de création 2017-2018

Du 2 février au 30 juin 2017

16 demi-journées

MPAA Saint-Blaise, Paris

Mise à disposition de salles de répétition

Du 10 au 16 avril 2017

7

Le Sureau, Pantin, Seine-saint-denis

Résidence

Du 8 au 13 mai 2017

5

Collectif 23, Paris

Résidence

Du 25 au 29 septembre 2017

5

Le Clos sauvage, Aubervilliers, Seine-saint-denis

Résidence

Du 10 au 14 octobre 2017

5 demi-journées

MPAA Saint-Blaise, Paris

Mise à disposition de salles de répétition

Du 13 au 17 novembre 2017

5

La Barakabrique, Ivry-sur-seine, Val-de-marne

Résidence

Du 1er au 8 décembre 2017

8

La Parole Errante, Montreuil, Seine-Saint-Denis

Résidence

Du 11 au 22 décembre 2017

10

La Ménagerie de verre, Paris

Résidence

Du 14 au 19 janvier 2018

6

Théâtre la Boutonnière, Paris

Mise à disposition de salles de répétition

Du 19 février au 2 mars 2018

12

Casa, Milan, Italie

Résidence

Du 5 au 9 mars 2018

5

(en cours)

Résidence

Du 16 au 29 avril 2018

14

Les Studios de Virecourt, Benassay, Vienne

Résidence de création

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Calendrier des sorties de résidence et représentations 2017-2018

21 décembre 2017

La Ménagerie de verre, Paris

Sortie de résidence, public professionnel

19 et 20 janvier 2018

Théâtre la Boutonnière, Paris

Sortie de résidence, tout public

avril 2018

Maisons de repos et établissements scolaires, Poitiers, Vienne (en cours)

Action culturelle

28 et 29 avril 2018

Les Studios de Virecourt, Benassay, Vienne

Création du spectacle



FAQ

La pièce entière et définitive après sa création aux Studios de Virecourt fin avril 2018 reviendra sur Paris en automne pour, nous l'espérons, plusieurs dates en région Île-de-France. Les dates et le nom de nos futurs partenaires sont en cours de discussion.

A quoi sert l'argent collecté

L'argent collecté via Proarti va nous permettre de travailler dans de bonnes conditions en hiver et printemps 2018, et de créer le spectacle fin avril aux Studios de Virecourt.

Par conséquent les dépenses sont divisées en deux objectifs différents : 

 - la Production du spectacle : achat d'une scénographie qui s'approchera de l'espace définitif de la création avec un matériel conséquent pour le son et les lumières, ainsi que le défraiement de son transport.

 - les Répétitions : permettre à l'équipe artistique de toucher un salaire afin de ne pas travailler à côté des temps de création et de les défrayer (logement et transport) au cours de nos trajets hors région Île-de-France.

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Nous avons fixé comme objectif de collecte 6 300 euros afin de financer la totalité de notre travail jusqu'aux Studios de Virecourt (avril 2018), trois autres scénarios sont envisagés pour compléter la répartition de l'argent collecté :

 - Si nous collectons 2 000 euros, l'argent collecté servira en priorité à la création du spectacle aux Studios de Virecourt en avril 2018 (scénographie et défraiement minimum).

 - Si nous collectons 4 000 euros, l'argent collecté servira, en plus de l'achat du matériel scénographique et du défraiement pour la création du spectacle, à donner un salaire symbolique aux acteurs lors de l'une de nos résidences à la Ménagerie de verre (février-mars 2018). 

 - Si nous dépasssons notre objectif de 6 300 euros, l'argent collecté servira à assurer la bonne tenue des premières dates de diffusion en automne 2018.


Montant de l'appel à dons

6 300,00 €

Montant global

13 800,00 €

Dépenses

Désignation Montant

Les Studios de Virecourt (16-29 avril 2018)

Hébergement (12 personnes pour 14 jours) 850,00 €
SOUS TOTAL 850,00 €

Salaires de l'équipe artistique

Acteurs et actrices (9 personnes pour 7 semaines de résidence en 2018) 9 450,00 €
SOUS TOTAL 9 450,00 €

Scénographie

Moquettes, Châssis, Lumières et Autres 2 500,00 €
SOUS TOTAL 2 500,00 €

Défraiement de l'équipe artistique

Transport, nourriture et logement occasionnel 1 000,00 €
SOUS TOTAL 1 000,00 €

TOTAL

TOTAL 13 800,00 €

Recettes

Désignation Montant

Aide à la Création

Dicréam - CNC 6 000,00 €
SOUS TOTAL 6 000,00 €

Auto-financement

Apports des chefs de projet 1 500,00 €
SOUS TOTAL 1 500,00 €

Proarti

Financement participatif proarti 6 300,00 €

TOTAL

TOTAL 13 800,00 €

NOTE D'INTENTION

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  • L’ÉCUEIL DE LA PARODIE ET DU PASTICHE

Un traitement tout particulier doit être réservé au « piège », à la fois esthétique et politique, que constitue, dans notre démarche, le genre parodique. Notre Institution ne déploie pas ses formes et ses couleurs dans le but de pasticher ou de parodier ce que l’on peut trouver dans les maisons de retraite ou dans les pensionnats. Comme dit plus haut, notre objectif est de représenter l’institution dans son ambivalence, de la maintenir sur une ligne de crête entre sa volonté affichée de bien faire et celle plus souterraine de contrôler ou de faire disparaître des individus. Quand l’ambivalence est maintenue, rappelée aux spectateurs et aux acteurs, il devient possible de subvertir la portée politique de l’Institution, sa « vocation », en ouvrant des points de fuite à l’imaginaire.

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L’animation du site internet de l’Institution Together! donne un bon aperçu de notre manière de travailler cette ambivalence et présente de ce fait des résonances avec l’esthétique générale de la pièce. Après avoir entré le nom de domaine, www.together.institute, puis indiqué son âge, l’on tombe sur une vidéo dans laquelle la voix d’Alex, une ancienne membre des Institutions Together!, témoigne de son expérience et partage avec les internautes les leçons qu’elle en a tirées. Cette animation a été conçue, dans un premier temps, comme un pastiche des clips pédagogiques employés dans les présentations d’entreprises ou les campagnes politiques – pour un exemple élémentaire, voir l’animation faite par Danone pour présenter ses activités et ses valeurs. Les « objets 2D » que nous avons utilisés sont ainsi intégralement tirés des banques de données qu’utilisent les équipes informatiques pour faire de telles animations. De la même manière, ils sont agencés dans un but pédagogique, explicatif voire promotionnel : tout comme l’animé de Danone qui cherche à expliquer son fonctionnement et ses objectifs, ou comme une présentation PowerPoint en entreprise exposant une situation, ses problèmes, ses solutions, le clip de l’Institution Together! utilise les ressors ludiques de l’animé pour définir simplement et à la portée de tous sa mission de préparation des plus jeunes à la vie d’adulte et les moyens qu’elle met en oeuvre pour sa réalisation ( les binômes, les spectacles… ).

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Mais il ne s’agit pas de copier la démarche explicative des clips pédagogiques pour, disons, rendre le plus crédible et réaliste possible notre institution fictive; c’est le pas suivant qui nous intéresse. Si ce référentiel promotionnel et didactique est mobilisé, c’est in fine pour en brouiller le message, pour que la pédagogie puisse perdre en efficacité afin de redonner à ses images leur potentiel d’étrangeté. Faire un pastiche de clips pédagogiques, même parodique, ne permet pas, selon nous, de subvertir un message politique parce qu’il ne libère pas l’imaginaire du spectateur : celui-ci reste prisonnier dans des représentations tout aussi superficielles, dans des images encore aliénées à leur efficacité didactique, fussent-elles prises au second degré. Le pastiche ne permet d’acquérir qu’un semblant de réalisme, par copie et appropriation des supports utilisés par les « vraies » institutions ou entreprises. De son côté, le genre parodique se limite à la caricature, au grossissement du propos. Les deux voies constituent pour nous des impasses esthétiques et politiques. Notre vidéo, à l’instar de la pièce, tente au contraire de brouiller l’évidence du sens, d’enlever de la matière pour qu’une autre réception puisse se faire. Le message perdant en clarté, les images installent une forme de méditation qui propose des points de fuite à l’imaginaire du spectateur, lui permettant à son tour d’aller vers autre chose, loin des sentiers battus qu’on lui avait de prime abord esquissés. C’est une manière aussi pour nous de déjouer la position simpliste du spectateur-élève : le détournement d’un message à portée politique, en l’occurrence celui de l’Institution Together! – préparer les jeunes à la vie d’adulte – passe par l’instauration d’une indifférence méditative où l’imaginaire, libéré de l’efficacité pédagogique, peut naviguer sur un autre temps, dans un autre référentiel.

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Pour parvenir à nos fins, toujours dans la vidéo, le point de départ a été de confronter des images brutes filmées à la caméra avec les animations 2D. La conséquence principale de cette confrontation repose sur le rythme. Le rythme d’un clip pédagogique « classique » est celui de son efficacité, en réponse directe à la rentabilité exigée et exigeante du temps dépensé par l’internaute à regarder la vidéo. Or avec les images brutes – celles du vol gracieux des oiseaux dans le ciel, de la roue du pan ou encore du travelling d’immeubles en noir et blanc – ce raisonnement est pris comme à contre-pied pour installer un rythme plus lâche, faisant écho aux hésitations du personnage d’Alex qui peine par moment à trouver les mots justes, voire se perd dans ses souvenirs. La vidéo aiguise en d’autres termes l’indifférence des personnages et des spectateurs face à la vocation initiale de cette Institution et aux impératifs d’une vie consacrée au travail et à ses valeurs ; elle donne les prémisses d’un lent et vertigineux glissement vers l’oubli.

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  • UN LENT ET VERTIGINEUX GLISSEMENT VERS L’OUBLI

L’idée d’un tel oubli nous vient d’une référence que nous allons maintenant exposer, il s’agit du roman de Thomas Mann, La Montagne magique, dont l’histoire peut être résumée comme suit. Jeune homme appliqué, fraîchement sorti de ses études et qui s’apprête à débuter une vie d’ingénieur dans les chantiers navals de sa ville d’origine, Hans Castorp part rendre visite à son cousin dans un sanatorium de Davos. Perché en haut des montagnes suisses, le voilà qui contemple les gorges vertigineuses d’une nature indomptable ; au rythme de ses pluies, neiges et vents impétueux, le séjour s’allonge et doucement l’ensevelit dans une méditation qui prendra fin sept ans plus tard.

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D’un voyage aux allures de vacances estivales – la durée prévue du séjour était de trois semaines – voilà que son existence se trouve définitivement transformée, délaissant peu à peu la promesse faite à lui-même de retourner vivre « en bas ». Hans Castorp a oublié l’impératif qui s’imposait à lui comme une évidence avant qu’il n’aille séjourner aux côtés de son cousin, celui de mener une vie d’ingénieur auprès de ses oncles qui d’ailleurs essayeront, à plusieurs reprises, de le ramener à la raison. Le terme d’ « oubli » est ici utilisé pour désigner une trajectoire qui n’est pas véritablement décidée, ni tout à fait voulue. Il s’agit davantage d’un long et lent refus, d’une indifférence aiguisée qui puise ses forces dans l’étrangeté d’un quotidien, d’une vie à part, bien loin du calendrier qu’on lui avait demandé de respecter et dont il prend au contraire peu à peu les rênes. C’est un abandon plus qu’un calcul, une perte plus qu’une acquisition.

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Bien que les thèmes visités qui définissent en creux la vie active soient différents – la maladie pour l’un, la jeunesse et la vieillesse pour l’autre – ce détour par La Montagne magique nous permet de poser la question centrale de la représentation d’un tel mouvement en essayant de donner, si c’est possible, corps et forme à ses motivations. La tâche est de fait périlleuse tant ces dernières semblent éloignées de toute raison ou de toute logique, tant elles puisent dans l’imagination ressourcée et son manège de trajectoires divergentes. L’oubli que nous cherchons ne tire pas sa force d’un calcul rationnel, d’un refus arrêté et réfléchi, mais d’une atmosphère qui fait glisser nos personnages dans un vertige, dans une absence quasi totale de repères où l’étrange crée des brèches et défait nos normes.

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L'Énorme Coup du Gros Orteil

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+ un Single du jingle de l'Institution Together! (dédicacé)