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TETE D'OR de Paul Claudel
un tête d'or africain mis en scène par J-C Fall

Collecte Réussie


| ARTS DE LA SCÈNE
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3 330,00 €

3 000,00 € demandés

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Présentation du projet

La première étape de création de notre « Tête d’or » africain s’est déroulée au Mali dans les jardins du « Palais de la Culture » à Bamako. Cette version extérieure a été présentée du 05 au 08 février 2014 devant près de 1 000 spectateurs maliens.

Nous avons aujourd’hui la chance et l’honneur de présenter notre spectacle à Paris au « Théâtre de la Tempête » pendant cinq semaines.

Cette deuxième étape de création implique non seulement la venue en France de nos 16 artistes maliens (accueillis et rémunérés dans le respect et le cadre de la réglementation française) mais aussi l’adaptation en intérieur de notre mise en scène et de notre scénographie.

Cette dernière et ultime étape implique des coûts très lourd qu’une compagnie indépendante telle que la nôtre a beaucoup de mal à porter seule.

Votre soutien nous permettra de mener ce projet à bien et dans de bonnes conditions. L’argent collecté nous permettra d’acheter les billets d’avions, de rémunérer, nourrir et loger nos équipes artistique et technique et de financer la construction de notre nouveau décor.


Depuis mes premières rencontres avec l’œuvre de Paul Claudel, j’ai toujours eu ce rêve de travailler sur un « Tête d’or » africain.

La langue de Claudel est une langue concrète, terrienne, presque « archaïque » qui semble être plus proche de pays francophones africains ou même par certains aspects de la langue française parlée au Québec que de la langue aujourd’hui parlée en France.

Les valeurs morales, les codes d’organisation sociétale à l’œuvre semblent aussi plus proches de l’Afrique ou des Pays de l’Est de l’Europe. La nature des rapports hommes-femmes, la place de la guerre, de la maladie, de la mort, de la famille semblent se rapporter à des sociétés où le fonctionnement est resté avant tout de type monarchique, despotique, voire même tribal et où les archétypes sociétaux sont très ancrés dans la vie quotidienne.

Tête d’or a tout perdu, femme, parents, maison, attaches.

Il est celui qui n’a plus rien à perdre et qui cherche la confrontation avec la mort.

Il se croit investi d’un destin hors normes. D’un destin fixé par les dieux.

C’est un desperado qui arrive dans un pays perdu au bout du monde d’où tous les habitants ont fui devant l’arrivée imminente d’ennemis puissants.

Il prend la tête de l’ultime résistance et renverse le cours de l’histoire en faisant fuir les ennemis, leur présentant le visage de ceux qui sont prêts à mourir.

De retour au palais il demande sa récompense, c’est à dire « tout ».

Il revendique le pouvoir absolu, tue l’ancien roi, met au défi les opposants de se mettre sur son chemin. Faisant la critique de l’abandon des « vraies valeurs » par les « pseudo démocrates », aux jeux politiques cyniques et mensongers (« vraies valeurs » auxquelles lui se rattache, le courage, la volonté, la fierté, la discipline, la solidarité, l’ordre), il devient à la fois le sauveur et le nouveau despote de ce pays et part à la conquête du monde (toute ressemblance avec des situations et des personnages contemporains n’est pas que fortuite).

Comme toujours, au bout de sa route, abandonné de tous, Tête d'or rencontrera sa compagne, celle qu’il a toujours recherchée, la mort.

Cette histoire éternelle peut aujourd’hui rappeler certaines figures de la vie politique africaine (de Idi Amin Dada au capitaine Sanogo en passant par les « révolutionnaires » somaliens, les fous de dieu, etc.).

La figure de « Tête d’or » est paradoxale : séduisante et repoussante, belle et hideuse.

Tête d’or est de ces anti héros fascinants et repoussants. Il pourrait rappeler les Djihadistes, les despotes issus du peuple et de la désespérance.

Quinze acteurs (en même temps que danseurs, chanteurs et musiciens) maliens se sont emparés de la pièce de Paul Claudel pour en faire une pièce « africaine ». Notre Tête d’or parle pour et de l’Afrique d’aujourd’hui.

Le spectacle est joué dans trois lieux différents, les spectateurs se déplaçant d’un espace à l’autre.

Dans le premier espace où se joue le prologue (quinze minutes environ), les spectateurs sont debout ou assis sur des tapis de sol (quelques chaises aussi bien sûr accueillerons les personnes ne pouvant pas rester aussi longtemps debout).

Dans le second (55 minutes environ), les spectateurs sont en cercle selon la tradition du Kotéba (théâtre traditionnel populaire malien).

Le troisième espace (50 minutes environ) est frontal et extrêmement profond. Il se joue donc sur un axe extrême face-extrême lointain permettant au spectacle de prendre une dimension quasi cinématographique.

Une flûte peule (jouée en direct par un des acteurs) accompagne tout le spectacle ponctué par des chants en Bambara.

La version de ce spectacle (jouée en plein air) à Bamako a rencontré un très important succès populaire. Plus de 1000 spectateurs (de jeunes gens surtout) ont vraiment pensé qu’il s’agissait d’une pièce d’un auteur africain contemporain et ont donné tout son sens à notre démarche.

Nous présenterons au Théâtre de la Tempête une version différente puisque jouée en intérieur. Cela nécessitera une adaptation du spectacle et la construction (partielle) d'un espace scénique.

Jean-Claude Fall

A quoi sert l'argent collecté

Faire venir en France (à Paris) 15 artistes maliens pour une série de 28 représentations d'un spectacle créé à Bamako est une opération certes généreuse et ambitieuse, mais elle représente un coût très élevé pour une compagnie indépendante comme la nôtre. Nous avons besoin de votre soutien afin de rendre la chose possible dans les meilleures conditions. Il est important de savoir que tous les participants sont payés selon les normes syndicales françaises. Ils sont hébergés et défrayés selon ces mêmes normes.

 

L'argent collecté participera à la prise en charge des voyages aller/retour Bamako/Paris de notre équipe artistique (les 15 comédiens maliens) ainsi que des frais d'hébergement et de repas (d'un coût total d'environ 40 000€).

 


 

Le crowdfunding est devenu un élément incontournable du financement des projets artistiques et culturels afin de donner au public un moyen de dire son attachement à la création. 

 

Proarti bénéficie de l'aval du ministère de la culture et constitue une garantie du sérieux et de la fiabilité de ce type de financement pour ce type de projets. 


Montant de l'appel à dons

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Montant Global

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Désignation Montant

TOTAL

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Recettes

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Proarti

Financement participatif proarti 3 000,00 €

TOTAL

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Lorsque Claudel écrit Tête d’or, il a vingt ans.

Il est un très jeune garçon qui rêve de changer ce monde « pervers » dans lequel il est plongé. Désir d’action, désir d’actions violentes, désir fou d’exercer cette force qu’il sent en lui. Il vient d’avoir sa « révélation » le 24 décembre 1886 à Notre Dame et un combat se déroule à l’intérieur de lui-même où quelque chose résiste à l’appel de « Dieu ». Il est encore tout ébloui par ses lectures de Shakespeare et de Rimbaud et secoué par eux humainement et artistiquement.

Ce sont ces évidences qui apparaissent très vite à la lecture de la pièce.

Tête d’or est une figure héroïque et séduisante.

Tête d’or est un monstre, un terroriste, un assassin.

Tête d’or a la fougue, la force, la puissance de conviction.

Il a l’absolue certitude d’avoir raison contre le monde.

Tête d’or est un rebelle. C’est un révolutionnaire, il aurait pu être un membre d’action directe, de la bande à Baader ou des brigades rouges, aujourd’hui il ferait peut-être partie de l’un de ces groupes du Djihad islamique. Les jeunes gens le suivent comme on suit un guide, un chef de guerre. Et les moins jeunes, ceux qui avaient renoncé, ceux qui acceptaient leur défaite, ceux qui étaient rentrés dans le rang et acceptaient que les choses soient comme elles sont, ceux-là se remettent à vibrer et à croire qu’ils peuvent changer le monde.

Mais toujours ce genre de médaille a un revers, revers lisible entre les lignes qui précèdent:

Les valeurs de Tête d’or sont violentes, despotiques. Il prône une « morale » de la foi aveugle, de l’obéissance au chef, de la force qui oblige et soumet. Il fustige les faibles, les hésitants, les changeants, les incertains. Il adore la mort, sa compagne. Il renvoie les femmes à leurs foyers, à un silence servile et à la maternité. Il porte en haine la culture, le savoir et voue un véritable culte païen à la "nature".

Si ces valeurs vous rappellent quelque chose, c’est à juste titre et Claudel le sait si bien que lorsque l’occupant allemand souhaite que la Comédie Française joue « Tête d’or », Claudel refuse les droits de représentation. Il sait trop bien le danger que représenterait pour lui et sa pièce une lecture extrême droitière que pourtant chacun peut faire.

Claudel se défend mollement de cette si évidente proximité avec l’idéologie fasciste. Il défend l’aspect rimbaldien du héros et l’aspect Shakespearien du drame. Ce en quoi il a parfaitement raison. Rimbaud n’est-il pas lui-même ce poète-héros qui écrit les Illuminations et cet aventurier qui fait commerce de contrebande d’armes au fin fond de l’Erythrée. Et combien de drames shakespeariens contiennent des valeurs aujourd’hui condamnées. Combien nous dépeignent avec une forte puissance de séduction des héros épouvantables et monstrueux. Je pense à Richard III en particulier.

Le despotisme « éclairé » n’est-il pas, hélas, le système où l’humanité se reconnaît le mieux ? Le diable, le tyran, la mort n’ont-ils pas toujours été de sacrés séducteurs ?

Enfin Tête d’or est un désespéré, mieux, un « desperado ». Il a perdu son être aimé, sa famille, sa maison, son pays, son ami. Il est sans foi ni loi. C’est un « déjà mort ». La peur de la mort ne peut pas avoir de prise sur lui. En cela c’est un homme libre (au sens des stoïciens). En cela c’est un kamikaze, un terroriste, prêt à mourir pour sa cause. En cela, il n’y a pas d’autre choix que de l’aimer ou de le tuer.

La princesse fera les deux.

Aujourd’hui ces « héros-antihéros » nous pouvons les retrouver dans les groupes djihadistes, chez Al Qaïda, dans les rangs des guérilleros du «sentier lumineux» et autres rebelles sans frontières. Héros pour les uns et monstres pour les autres. Tous exècrent le monde tel qu’il est, tous veulent établir leur « juste » loi. Une loi donnant toute sa place à « la vérité » et à « la nature ».

Souvent me revient en mémoire cette histoire que raconte Emett Grogan dans son livre « Ringolevio » : à l’invitation de groupes d’activistes anglais, il avait fait (c’était dans les années soixante dix) un discours enflammé sur le thème de l’homme nouveau et du monde nouveau à construire. Un monde et un homme plus vrais, plus justes, plus forts etc. Il arrête les applaudissements chaleureux de la foule des participants à ce rassemblement et avoue qu’il n’a pas écrit ce discours et qu’il n’est pas le premier à l’avoir prononcé, que ce discours avait été prononcé par Adolf Hitler au Reichstag en 1936. Par la suite il avait bien entendu été obligé de prendre ses jambes à son cou.

Je laisse ici la parole à Claudel. Voici quelques extraits de la série passionnante d’interviews de Paul Claudel par Jean Amrouche et réunis dans un livre passionnant lui aussi : « Mémoires improvisées » :

« JA : Nous vous voyons vous-même comme le siège d’un drame extrêmement dur, d’une division entre deux personnages opposés : l’un qui est tout donné, passif, qui semble être fait pour subir et pour accepter ; l’autre qui est toute révolte, conquête, sauvage possession. Et il semble bien que, lorsque vous avez rencontré Rimbaud, vous ayez rencontré non pas un maître, mais un frère. »

PC : « Plutôt qu’un frère, il serait plus juste de dire « un père », en donnant à ce mot le sens vénérable et respectueux qu’il comporte : je veux dire que Rimbaud a exercé sur moi une influence séminale, et je ne vois pas ce que j’aurais pu être si la rencontre avec Rimbaud ne m’avait donné une impulsion absolument essentielle. »

JA : « Il me semble qu’il y avait une profonde ressemblance entre Rimbaud et vous-même. (…) Il y a d’abord un jugement sur le monde qui est un jugement tout à fait brutal, ce monde considéré comme abject ; et c’est l’un des personnages de votre fragment d’un drame qui porte ce jugement, qui sera d’ailleurs plus tard développé et renforcé dans Tête d’or . Elle dit : « Ami, oh ! j’ai une horreur de ce monde pervers ». Et puis corrélativement à ce jugement porté sur un monde abject, un désespoir radical. Elle dit : « mais il y a une chose meilleure que tout, c’est de dormir dans le sommeil du sang et de la mort »

PC : « (…) Ce désespoir dont vous parlez exprime plutôt (…) une idée de lutte comme celle qu’exprime Rimbaud quand il dit « le combat spirituel plus sauvage que la bataille d’hommes » »

PC : « Tête d’or est l’expression d’une crise qui existe chez beaucoup de jeunes gens (…). L’enfant arrivé à la conscience, à l’âge où ses forces sont développées, étouffe chez lui et veut absolument conquérir son indépendance, son autonomie. De là un besoin de violence, de liberté (…). Chez moi ce désir était particulièrement violent puisqu’il coïncidait avec cette prodigieuse découverte qu’était la seconde partie du monde, le monde surnaturel, qui pour moi n’existait pas jusqu’à présent et tout à coup se révélait . (…) Tête d’or est le résultat de cet éblouissement et en même temps de cette lutte. »

PC : « (…) cet état d’esprit, on peut dire que bien des années après, la caricature en a été faite par les totalitaires, par les gens comme Mussolini ou Hitler qui eux-mêmes ont commencé à partir d’eux-mêmes. Somme toute, les prises de position du fascisme ou du nazisme, ressemblent beaucoup à la position de Tête d’or. Ils en font, en quelque sorte, la caricature. D’ailleurs au moment de l’occupation, cela avait frappé sans doute pas mal les occupants qui m’ont demandé à plusieurs reprises de faire jouer Tête d’or, et je n’ai jamais voulu justement parce que cela ressemblait beaucoup trop aux entreprises de Hitler, qui en sont en somme une caricature : mais il y avait évidemment beaucoup de ressemblance dans les idées de Tête d’or et dans celles de Hitler ou du nazisme. »

JA : « Oui c’est une caricature (…), alors que ce qui me paraît de vérité (…) c’est cette prise de conscience de soi comme existant, et (…) la sensation profonde et vécue que cette existence même (…) impose un certain nombre de devoirs. Et Tête d’or fonce alors avec une force absolument extraordinaire vers la conquête de son destin.

PC : « Eh bien, après tout, cela se trouve dans l’Evangile. Il y a : que « le royaume des cieux appartient aux violents », et les violents s’en sont emparés. »

Jean-Claude Fall

Contreparties

Tête de bois

pour 10,00 € et +

4 ARTINAUTES

Merci pour votre soutien! :-)

Tête de bronze

pour 50,00 € et +

6 ARTINAUTES

Une invitationle jour de votre choixdès 50 euros (à retirer sur place au Théâtre de la Tempête à Paris - dans la limite des places disponibles) + un jus de gingembre ou d'hibiscus de mama fanta

Tête d'argent

pour 100,00 € et +

3 ARTINAUTES

Deux invitations le jour de votre choixdès 100 euros (à retirer sur place au Théâtre de la Tempête à Paris - dans la limite des places disponibles) + 2 jus de gingembre ou d'hibiscus de mama fanta

Tête d'or

pour 150,00 € et +

4 ARTINAUTES

2 invitations( le jour de votre choix dans la limite des places disponibles - à retirer sur place au Théâtre de la Tempête à Paris) + 2 jus de gingembre ou d'hibiscus de mama fanta +une rencontre avec Jean-Claude Fall et l'équipe artistique à l'issue de la représentation

Tête de platine

pour 300,00 € et +

2 ARTINAUTES

2 invitations( le jour de votre choix dans la limite des places disponibles - à retirer sur place au Théâtre de la Tempête à Paris) + une bouteille de miel de baobab + rencontre avec Jean-Claude Fall et l'équipe artistique à l'issue de la représentation + un verre avec l'équipe + remerciements sur la feuille de salle

Tête de diamant

pour 1 000,00 € et +

0 ARTINAUTES

Quatre invitations + 4 jus de gingembre ou d'hibiscus de mama fanta + une bouteille de miel de baobab+ rencontre avec Jean-Claude Fall et l'équipe artistique + un verre avec l'équipe +remerciements sur la feuille de salle + une photo dédicacée du spectacle