Comédiennes de province

Un documentaire de 52 minutes qui évoquera la vie des comédiennes à la campagne (les rires, les peines, les joies)
AUDIOVISUEL - CINÉMA
CO-PRODUCTION
CRÉATION ÉMERGENTE

Présentation du projet

NOTE D’INTENTION

  

 

Au préalable

 

« Comédiennes de province ». C’est étonnant qu’aujourd’hui encore cette formule sonne comme une fête de fin d’année d’école, un tréteau monté à la hâte dans une grange à la sortie du village, dans une salle des fêtes sur la place de l’église. Un paradoxe, un petit sentiment de gêne à le dire, comme si on ne pouvait être comédienne/actrice que dans les capitales du monde. Ailleurs, à la campagne lorsqu’elles évoquent leur profession, on ne peut empêcher un léger sourire et pourtant…

 

Comédiennes de province, ce sont des talents partagés pour tous ceux  qui ne monteront jamais à la grande ville, qui ne prendront pas le train non plus malgré l’envie de les voir jouer sur les scènes des capitales. Ils n’iront pas à Cannes gravir les marches des tapis rouges. Ils ne les verront pas non plus affichées au cul des bus en 4/3 et pourtant…

 

Ils auront la joie de les découvrir dans les lieux de spectacles où ils peuvent se rendre.  Ils les verront de près, si proche que le rire au bord des yeux et les larmes au bord des lèvres, ils se souviendront de cette soirée où ils les auront vu exercer leur métier non seulement avec talent mais aussi avec passion.

 

POINT DE DÉPART DU DOCUMENTAIRE

« À  plus de quarante ans et toujours en province, t'es morte ! »

 

                    Tout est parti de là, alors que des comédiennes confirmées entamaient la deuxième semaine d'une formation de quinze jours intitulée : « Jeu et enjeux de l'acteur face caméra », organisée par l'Agence Culturelle Départementale Dordogne et Ciné-Passion en Périgord. Tout est parti de cette petite phrase lancée par moi, formatrice à l’époque fraîchement descendue de Paris... Comme le résumé d'une réalité, celle des comédiennes de province qui ont passé l’âge des rôles de jeunes premières et assignées à résidence.

Petite phrase anodine ou assassine selon l'humeur, qui aurait pu les enfermer dans l'aigreur, le cynisme ou la résignation. Une petite phrase qui les a sonnées mais qui, aussi, a résonné comme un défi : celui de se prendre en main et donner l'envie de continuer à travailler ensemble.

Les années ont passé, chacune d’entre nous a parcouru un chemin indépendamment les unes des autres mais toujours, nous nous sommes données des nouvelles. Des années après cette formation, j’ai quitté Paris et moi aussi ai élu domicile en province dans le Périgord. Il n’y a pas de hasard paraît-il, « il n’y a que des rencontres ».

Aujourd’hui, j’ai eu envie de prendre ma caméra et de faire leur portrait dans un documentaire de long-métrage afin de savoir où elles en sont quant à leur métier en province. Qu’elles me racontent leur vie de comédienne, leurs désirs, leurs joies, leur course aux cachets, leurs illusions désillusions, leurs projets, qu’elles me parlent de leur vie de femme, de mère, d’artiste.

Je dispose aujourd’hui de quelques heures de rushs. J’ai commencé à filmer chaque comédienne en tête à tête. Je dois maintenant les filmer en loge avant leur spectacle, les voir exercer leur métier de comédienne et les réunir toutes ensemble dans une maison à la campagne afin qu’elles échangent entre elles autour des grandes thématiques qui leur tiennent à cœur concernant leur statut.

La place des femmes, comédiennes de plus de quarante ans, a-t-elle évolué ou est-elle toujours chargée de violence systémique, de racisme, de mépris ou d’indifférence envers la province, qu’elles ont encaissés depuis qu’elles ont fait le choix d’exercer leur métier loin des projecteurs que Paris aurait ou pas pu leur offrir ?

Aujourd’hui, plus que jamais, je porte en moi ce désir de filmer ces femmes qui m’ont bouleversée aussi bien par leur talent que par la confiance qu’elles m’ont accordée sans frein, sans faux semblants mais tout en pudeur. 

Pour mener à bien ce documentaire, je souhaiterais être accompagnée à mon tour pour préciser mon projet, le structurer afin de pouvoir réaliser un film convainquant pour que ces comédiennes, ces Prolétaires artistes puissent être un jour projetées « en grand » et enfin leur rendre hommage.

 

Paris/Province/Ma place

Durant plus de vingt ans, j’ai été directrice de casting à Paris pour différents réalisateurs, réalisatrices, assistante réalisatrice (O. Lorelle, A. Corneau, F. Girod, C. Corsini, T. Gatlif, E. Zonca, J. Audiard, J. Doillon, M. Vermillard…) et j’ai participé moi aussi à choisir les rôles à Paris et même si les longs-métrages se tournaient en province, les rôles qui restaient à distribuer étaient rares, sinon un quinzième rôle inscrit sur la fiche artistique, des silhouettes, lorsque ce n’était pas de la figuration. Et pourtant, lorsqu’elles ont l’occasion de passer des « essais »,  beaucoup sont évidemment à la hauteur des rôles qu’on pourrait leur écrire.

Aujourd’hui, à la campagne, mon ancien métier me hante, et oblige aujourd’hui à le regarder différemment, à le ré-interroger, à me ré-interroger.

Longtemps j’ai initié le choix des actrices pour des rôles, longtemps j’ai mêlé mon désir avec celui des réalisateurs ou réalisatrices avec lesquels je travaillais et force est de constater que mes choix, mes envies, mes désirs étaient conformes à ceux que paraissait en attendre la société du spectacle. Les comédiennes qui suscitaient mon désir étaient connues, la jeunesse et leur « beauté » édictées par les magazines laissaient dans les marges, sur les bords des routes celles qui ne répondaient à aucun des critères énoncés ci-dessus. Les invisibles. En un mot, j’ai manqué de courage et de convictions, plus encline à trouver « la révélation féminine » qui ne ferait pas débat. Alors oui, toutes les femmes étaient « belles » et toutes étaient « jeunes ».

On ne force pas le désir, soit, mais alors comment expliquer que mon désir aujourd’hui a évolué, a changé de paradigme ? Je me suis émancipée, j’ai VU leur talent.

Depuis mon installation à la campagne je documente la province (écriture d’un récit « Les Immobiles » édité chez Mars-A, réalisation d’un documentaire éponyme sur les anciens de mon village du Périgord porté par les Productions du Lagon. J’ai la folle envie de laisser une trace de ceux et celles qui incarnent ma province et de rendre un hommage à ces comédiennes qui me font rêver depuis si longtemps maintenant.

Ces sept comédiennes du film, je les fréquente depuis bientôt neuf ans. C’est à partir de leurs paroles que j’ai imaginé un parcours commun, un bout de chemin qu’on pourrait continuer ensemble, comme un grand tricot à sept fils, aux motifs variés.

Avec ce film, je voudrais les faire parler de leur métier, de la fragilité du désir de création, interroger le désir troublé et troublant de la place

de la comédienne, les disparités liées au sexe, de l'angoisse de l'âge, du choix ou non de devenir mère, de la vie matérielle,

des rêves de réussite, de la reconnaissance professionnelle, de leur invisibilité, de la peur de la chute...

Je veux faire partager leur vision de leur profession de comédienne et de leur façon d’être au monde. Par leurs rires, leurs peurs,

leurs failles, leurs fragilités, c’est tout un monde qui devra palpiter au cœur de cette province qu’elles ont choisie ou pas.

Au-delà du milieu professionnel dans lequel elles évoluent, les comédiennes seront autant de visages, de corps agités par l’intensité de leur désir d’être et de demeurer actrices. 

Et ainsi provoquer l’envie de ceux qui pensent qu’elles ne sont pas grand-chose en regard des actrices parisiennes, reconnues, adulées, de les regarder autrement et d’y déceler que le métier qu’elles exercent est tout aussi exaltant que nécessaire, tout aussi exigeant.

Sept femmes, sept comédiennes

Mon souhait de ne filmer que les femmes comédiennes m’est apparu comme une évidence, une sorte de sororité, des combats en partage. Intermittentes depuis plus de trente ans, voire quarante pour l’une d’entre elles, leur courage, leur détermination m’ont fascinée.

J’ai eu alors envie de les filmer me raconter à leur tour leur vie d’artiste, de femmes, au-delà de la quarantaine et leur vie de comédienne, elles qui ont décidé de rester « sur place », à l’inverse de tant d’autres qui avaient, avant elles choisi et qui après elles, décideront de « monter à Paris » pour essayer d’exister.

La ruralité est un sillon que je creuse depuis mon documentaire intitulé « Les immobiles » (100’) et le roman au titre éponyme qui a été publié cet été par Mars-A Publications et qui fait son petit chemin en librairie et dans divers festivals littéraires. Mon documentaire racontait l’histoire d’hommes et de femmes qui ont traversé le siècle en silence. Enfants pendant le couvre-feu de la Seconde guerre mondiale, maintenant dans leur hiver, toujours au même endroit dans ce petit village du Périgord, confinés chez eux, pointés du doigt parce que fragiles, ils découvrent un deuxième couvre-feu quatre-vingt ans plus tard. Ils me découvrent rentrant dans leur vie.

Mon documentaire s’est promené tout l’été de granges en granges, de salle des fêtes, en centre culturel, en galerie d’art… et se promènera encore l’hiver venu.

Avant celui-ci, j’avais écrit un documentaire, co-écrit avec Pierre Thorreton intitulé « Yves St Laurent -Pierre Bergé ; l’Amour Fou ». Nous avons eu la chance d’être nominés aux César. C’était le début de mon histoire avec l’écriture du réel.

La forme documentaire, la parole juste, parfois brutale, parfois mélancolique, souvent drôle est un format qui me passionne de plus en plus. L’histoire de ces vies qui nous sont racontées sans les artifices que le cinéma apporte, me permet de traiter mes sujets avec une plus grande liberté. Une phrase, un mot qui percute m’offrent une sincérité qui souvent bouleverse.

Pour ce film, je veux récolter la parole des comédiennes de la région Nouvelle-Aquitaine. Je veux les regarder vivre leur condition d’intermittente, je veux les filmer dans leur loge avant un spectacle joué dans des petits théâtres de campagne. Je veux capter avec ma caméra leur passion, leurs sacrifices, leur attachement profond au métier, à leur territoire. Finalement, leurs conditions d’artistes - des actrices de spectacles vivants pour l’essentiel - car peu ont trouvé leur place au cinéma, comme si ce milieu leur était interdit, elles qui vivent loin de Paris.

 

La place des comédiennes en province

 

Le sujet des comédiennes DE province n'a jamais, sinon rarement été traité au cinéma, et le fait qu'on parle de le traiter indique bien qu'il y a un silence. Etre une comédienne de plus de quarante, cinquante, soixante ans en province sonne comme une double peine et une assignation à résidence. Ça claque comme une gifle comme si être née là les obligeait à y rester, comme si le lieu qu’elles ont choisi pour travailler les réduisait.

Ça claque aussi comme une catégorie de seconde zone, une franche rigolade, limogées d’office, frisant le ridicule parce qu’elles osent rêver être actrices.

Comme si les comédiennes n’étaient que parisiennes et que les autres, celles de province, n’étaient que des erzats, des intermittentes de folklore local, de pâles versions des “originales”reconnues dans les capitales du monde.

 

“The world is a stage”

 

Pourtant, comédienne EN province donne une certaine idée de légèreté, une impression d’être en vacances, comme pour indiquer qu’elles sont en province par choix, qu’elles y soient nées ou pas, qu’elles ont le droit de rêver et même celui de réussir. Alors que la société semble plus égalitaire, le combat reste à mener. Sont-elles condamnées pour l’image à être juste de la chair à figuration, des éternels éléments de décor, des porteuses de fourches, des sabots aux pieds avec des accents qu’on accentue quand il faut de la couleur locale? Comment le vivent-elles, elles, leur métier ? Comment vivent-elles le désir ou le non désir qu’elles inspirent ? Les lumières médiatiques ont-elles oublié de s’allumer en province?

Alors je voulais réparer.

Pour que Marta, Mathilde, Monique, Alexandra, Pauline, Natacha, LoJay, toutes ou presque conservent leur joie d’être ici, en province.

     

ECRITURE  ET RÉALISATION

 

2023 « Les Oubliés » Roman en cours d’écriture.

2023 « Les immobiles » documentaire de 100’ Les films du Lagon

2023 « Les immobiles « roman sortie librairie en juillet 2023  Mars-A publications

2022  Ecriture d’un biographie »Quand je serai grand je serai paysan »

2021- Co-scénariste « Washing-machine » de Aksel Ustun ( LM) Alain Roca

2020 Co-scénariste «  Les Métamorphoses Nocturnes » de Sonia Larue (LM) en production

2016 Ecriture de l’Adaptation long métrage « Le Sermon sur la chute de Rome «  de Jérome Ferrari, prix Goncourt 2012 (Acte Sud) aide au développement « Banghor prductions

2015 Préparation du long métrage « Hors saison » de Eve Guillou , Banghor productions

2012  « Guerres : la parole des mères »documentaire teaser

2011  «  LE GRAND RETOUR, témoignage d’un prisonnier de guerre 39 /45 » Long-métrage de Charles Durot.

Collaboration à l’écriture du traitement, Rafale productions

2008- 2009  « Yves st Laurent –Pierre Berger  L’AMOUR FOU » 110min Scénariste. Documentaire

Achat Canal+ France 2 production « les films de Pierre et les films du lendemain, sortie salle sept 2010)

festival de Toronto...cité aux césars 2011

2005   «MAL DE MER » Scénario de long- métrage. Lauréate du trophée du meilleur premier scénario de long -métrage CNC

2000 «EN MIETTES »  Court métrage de 31 minutes –Prix de la qualité au CNC. Préachat FR3 - INJAM PRODUCTION 

Divers festivals - Diffusé par Fr3  Ciné cinéma –TPS - CANAL+ Belgique…

1999 «UN MATIN PAR TEMPS PLUVIEUX » Court métrage de 15 minutes  -

Vente Fr3 ,télé belge et Suisse, divers festivals  ELENA PRODUCTION

DIRECTRICE DE CASTING ET ASSISTANTE RÉALISATRICE   Long-métrages

 

27         2018    Casting rôles enfants et conseil casting « Les fauves » De Vincent Mariette

2.          2017  1ere assistante de Patrice Leconte Pub

2.          2012/2013  « Géronimo » directrice de casting de Tony Gatlif, Princes productions

             2012   « Avenue Montaigne » directrice de casting, pièce d’Alex Pandev

20.        2011   « Hope » de séverine Lathuillière, directrice de casting 

             2011   « Rebetiko » Tony Gatlif directrice de casting.  

2.          2010   « Jappeloup » de Christian Duguay casting premier rôle adolescente ; Acajou film

             2011    « Paradis perdu » de Eve Deboise ;  1ere assistante réalisatrice

2.         2009   « Yves st Laurent –Pierre Berge ;l’Amour fou » ; 1ere assistante réalisatrice. 

2          2008   « Liberté » de Tony Gatlif ; 1ere assistante et directrice de casting

            2008   « 3 pubs »  réalisation jacques Audiard ;1ere assistante White moto prod

            2007   « De cendre et de sang « de Fanny Ardant ; directrice casting ( consultante) .

2          2007   « L’age de l’amour » d’Olivier Lorelle-1ère assistante réal- Arte –Balthazar prod

            2006   « Tengri » de Marie Jaoul de Poncheville –Directrice de casting (consultante)

            2006 « Transylvania » - directrice de casting- 1ere assistante Prépa Paris de Tony GATLIF

            2005 « Paris by night » de Tony Gatlif-1ère assistante et casting

            2004 « Exils »  et « Swing » de Tony GATLIF - Production Princes films – Directrice de casting.

            2003 « Pas sage » de Loraine GROLEAU - Balthazar Productions - 1ére Assistante réalisatrice.

            2002 « Quelqu’un qui m’aime » de Philippe MUYL - Ara Production - Directrice de casting.

            2001 « Comme un avion » de Marie-France PISIER -  Léo et Cie - Directrice de casting.

            2000 « Le secret » de Virginie WAGON - Bagheera Productions - 1ère Assistante réalisatrice.   

            1999 « Les trois /huit » de Philippe LEGUAY -  Lazennec Prod - Consultante casting.

            1998 « Le faucon blanc » de Philippe MUYL - PXP Prod - Casting enfant 1er rôle.

            1997 « La vie rêver des anges » de Erik ZONCA - Bagheera Prod -1ère assistante réalisation prépa.

            1996 « Cain » de Grégoire DELACOURT - Banfilm - Directrice de casting.

             1995 « Assassins » de Mathieu KASSOVITCH - Lazennec Prod - Casting ado.

             1995 « Eau douce » de Marie VERMILLARD - Sunday morning Prod - 1ère Assistante réalisatrice.

            1994 « Ponette » de Jacques DOILLON - Les films Alain Sarde -  casting .

1.         1994  « L’Echappée Belle » d’Etienne DHAENE  - Lazennec Prod - Casting enfants -2ème Assistante Réalisatrice.

            1993 « Le nouveau monde » d’Alain CORNEAU - Films par Films prod - Consultante casting ados.

            1993 « Les amoureux » de Catherine CORSINI - Rézo films – Casting – 2ème Assistante réalisatrice.

            1992 « Délit Mineur » de Francis GIROT - Oliane Prod – Casting ados.

            1992 « Le jeune Werther » de Jacques DOILLON - Les films Alain Sarde – Casting – 2ème Assistante réalisatrice.

 

       

          ENSEIGNEMENT_ INTERVENTION ARTISTIQUE

Depuis 2014, formatrice de stage « Jeu et enjeux de l’acteur face à la caméra, (Perigord, Paris)

Depuis 2009-Intervenante rattachée à la cinémathèque Française en écriture et réalisation

Formatrice EFFICOM en analyse de films pour mise à niveau BTS

Formatrice EFFICOM pour les troisièmes cycle en assistanat mise en scène

2009 : « Luna »Ecriture d’un scénario et réalisation d’un court métrage avec une classe d’élèves de 4eme, collège Thomas Mann (Financement mairie de Paris) 75013 Selectionné en off au festival de Pantin

2008 : « les Ateliers J. DOILLON » Ecriture avec les enfants, adolescents 

Réalisation de court- métrage financés par la Draac/ Intervention aux collèges Delaunay et Thomas Mann à Paris /Prix du public au festival des courts de Paris

-Réalisation « Lettre à Ponette » Atelier cinéma à Dijon ;(financement ARP : Education nationale) classe école primaire

    

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LES COMEDIENNES DU PROJET

 

LES MILITANTES

MONIQUE BURG, COMEDIENNE CONTEUSE. 65 ans, sans enfant.

Comédienne depuis des années, fille et petite-fille d’agriculteurs, elle reçoit une lettre qui est une invitation à « un entretien information retraite » pour faire un point sur sa situation : « compter les points » Quelle ironie ! Elle qui est libre d’homme, de parents, qui n’a pas d’enfant qui peut se consacrer à sa carrière est invitée à préparer sa sortie, elle qui pensait ne pas y être totalement entrée.

Elle a passé l’année précédente à penser et à dire qu’elle avait soixante-quatre ans alors qu’elle en avait soixante-cinq ; pudeur ou perte de mémoire ? 

Mais Monique est aussi la voix rebelle, la résistante, la militante. Militante du corps et de la langue, des accents. Défenseuse du droit des femmes, elle s’engage tous les jours.

 

Elle joue depuis des décennies, doute encore. Elle a sa petite reconnaissance comme on dit dans le pays. Tous ici, que ce soit dans le Périgord, en Irlande, dans des festivals de contes à travers l’Europe, le nom de Monique Burg s’inscrit dans les chemins de la langue, dans la redécouverte des accents et des histoires anciennes. Pourtant cette reconnaissance pour elle n’est pas nimbée d’un artifice de star ou de starlette, elle, Monique préfère parler du devoir accompli lorsque son public lui dit qu’il « n’avait jamais vu les choses comme ça ». Une sensation l’envahit alors, l’impression d’avoir été utile et qu’elle aurait par conséquent sa place.

 

 

MATHILDE MAUMONT , 46 ans, sans enfant

Comédienne élevée en plein air,  42 ans. Sans enfant. C’est une volonté politique !

 

Elle a commencé sa carrière à Paris. « Je l'ai faite à l'envers ! dit-elle.

Je me sens un peu comme Benjamin Button qui rajeunit jusqu'à naître au lieu de mourir. »

 

Jeune, elle a été repérée lors d'un stage par un metteur en scène qui lui a proposé de venir jouer à Paris un petit rôle dans une pièce se jouant tous les soirs.

« Grisée... la capitale, les paillettes, les allers-retours en train, les soirées entre gens du métier, les articles dans la presse parisienne...

Puis très vite dégrisée... les mains au cul, les promotions canapé, l'hypocrisie, la course à la reconnaissance, les faux amis, l'humiliation... »

 

Alors elle est rentrée à Bordeaux.

 

Mais à Bordeaux, petite ville de province où l'on compte les théâtres sur les doigts d'une main, elle tourne vite en rond. « On connaît tout le monde, on se sourit par devant et on se fait une grimace par derrière. »

Il lui fallait de l'air, du grand air !

L'estuaire ! Voir loin...

 

Le métier dit-elle,  c'est trouver la justesse, l'énergie qui vous relie à la terre et au ciel et qui chuchote tout bas « tu es à ta place ».

Pour elle, c'est un vieux rêve que de porter la culture là où il n'y a que de la viticulture, dans un milieu hostile où le RN prend le pas sur les esprits perdus, c'est un combat politique que de faire du théâtre à la campagne, d'avoir une exigence et une sincérité telles que le public finit par se rassembler autour de vos propositions. Fidéliser un public qui vient vous voir les yeux fermés quelles que soient les propositions artistiques, est une victoire.

 

 

CELLES QUI DOUTENT ENCORE

 

ALEXANDRA HÖKENSCHNIEDER, 49 ans cet été, une fille

1,77 m pour 60 kg, blonde et filiforme, actrice et athlète, surfeuse, mère et épouse ! Une enfant.

On peut dire qu’elle a tout, mais aussi un petit accent qui en France réduit parfois les propositions.

Elle se sent parfoisvulnérable, incapable mais pas si désillusionnée que ça. Exigeante, pointue, elle travaille ses rôles dans tous ces détails . Pas une bonne mère, car son métier l'oblige à s' absenter, pas une bonne comédienne, trop pudique pour l'admettre. Sa volonté de se forcer à réaliser ses rêves semblent se contredire et la fracture de l'intérieur.  

Alors, elle part surfer.

Elle se déplace pourtant, partout, voyage des longues heures en voiture, en train, en avion. A un agent en Allemagne qui l’oblige à faire souvent des E.castings à l’abri des bruits de la maison, avec son mari et sa fille de 11 ans qui souvent la réclame.

Néanmoins, elle dit qu’elle aurait pu choisir Hollywood ou Lisbonne, même New-York de préférence, mais venant de Berlin et sans un sou, l’idée de la côte Bordelaise lui paraissait plus accessible.

Mais elle veut tout, être une bonne comédienne, une bonne mère, une bonne compagne une bonne surfeuse…

Elle ne sait plus.

 

PAULINE BLAIS, 52 ans, sans enfant

 

« Pauline Blais, comédienne.

Ces trois mots, les uns à côté des autres, j’ai mis beaucoup de temps à les assumer, à les regarder sereinement, à les écrire, tout simplement.

Aujourd’hui, ils sont dans la signature de mon mail professionnel.

Je suis devenue comédienne. »

Il lui en a fallu des années pour sentir grandir cette figure et qu’elle prenne toute sa place dans sa vie.

Une comédienne sur le tard, comme on dit.

L’inverse d’une « enfant de la balle », cette expression qui l’a toujours fascinée tant elle aurait aimé grandir dans une famille d’artistes.

Et puis,  un jour, le temps a joué davantage en sa faveur, mettant la balle dans son camp,  les projets échoués ont eu le mérite de créer un réseau, des amitiés, des connivences artistiques, une tribu même. Elle commence à se situer dans ce paysage de sa vie de comédienne en province.

Et même si, pour elle, la province c’est encore le petit bain où elle apprend à nager, elle n’a jamais été prête à passer dans le grand bain en allant à Paris pour son métier.

« Jamais. La question ne s’est jamais posée en ces termes, pour moi. »

 

LA PEUR DE PERDRE

 

MARTA SANTA-PAU, 51 ans, deux filles

 

Comédienne et/ou mère 

La question divisera nos comédiennes.

Pour Martha, ça vient tout de suite. C’est même sa première phrase.

Elle est comédienne et mère. « Non, je suis mère et comédienne », précise t’elle. Maintenant que je sais que les enfants sont bien dans leurs bottes, j’aurais aimé être plus comédienne que mère.

Les enfants sont partis pour les études avant de partir pour leur vie… Et elle a l’impression d’être descendue du train ou plutôt d’avoir été oubliée à un arrêt en pleine campagne.

Après avoir fait quatre ans de formation à l’ École supérieure d’Arts dramatiques et Danse de Murcie en Espagne, elle tombe amoureuse d’un homme magicien qui vit en Aquitaine. Elle quitte tout et le suit.

Directrice d’acteurs, metteuse en scène, comédienne, actrice (elle note les deux), clown, marionnettiste, tragédie et Buffon, elle a toute la palette pour devenir une comédienne solide.

Elle se forme partout, fait des stages, oublie sa langue, son accent (un peu), sa langue et en apprend une nouvelle.

Met son corps à l’épreuve. C’est une bête de scène et de travail que peu connaissent

Pourtant le cinéma la boude. La province qu’elle ne peut quitter est une cage et un refuge. Antinomique alors qu’elle souhaite être une artiste. Travailleuse acharnée, la peur de la perte de son statut d’intermittente la hante des nuits entières.

 

LES RÊVEUSES DE CINEMA. Y CROIRE COÛTE QUE COÛTE

 

NATACHA HAEGEL, 53 ans, deux enfants

 

 

Intermittente du spectacle depuis 20 ans, elle est également mère depuis 25 ans, l'âge de son fils aîné. Une fille quelques années plus tard.

Être actrice de cinéma, c'est quelque chose qu’elle a longtemps considéré comme inaccessible. D'abord parce que, pour être actrice de cinéma ou tenter de l'être du moins, il fallait monter à la capitale, ensuite parce qu’elle ne se sentait ni le talent, ni la confiance, ni les épaules pour ça.

Aujourd'hui à 53 ans, elle se sent prête à se montrer, à faire voir et partager son désir de jouer au cinéma via sa bande démo qu’elle met des jours et des nuits à bâtir, pour rentrer en contact avec des agents d'acteurs, d'autant qu’elle a chance d'avoir une adresse parisienne dans le 10e arrondissement dit-elle.

Paris, la capitale, elle sait bien que c’est là-bas que tout se joue et pourtant, elle reste dans sa banlieue bordelaise, à cheval entre la campagne et la ville. Raisons économiques ? Certainement. Rêves avortés, pas encore, y continuer d’y croire, ne pas douter, contre vents et marées, contre tous.

Être actrice de cinéma ? Oui c'est carrément possible... Alors c'est parti !

Y croire toujours, cette vitalité m’émeut alors qu’elle pourrait faire sourire. « A son âge ? » semblent murmurer les uns et les autres dans son dos, dans leur silence, mais Natacha y croit, travaille chaque jour, des scènes, du drame à la comédie. Elle travaille aussi sur son corps et son image avec des produits qu’elle fabrique elle-même grâce aux conseils des copines.

 

LO JAY, SON NOM D’ARTISTE.

 

 

 

Chanteuse de jazz, musicienne, comédienne… LAURENCE JAY est toujours restée authentique. Pour ses amis, c'est LO, ce qu'elle transmet, c'est LO Jay. Elle non plus n'a pas d'enfant.

Elle est devenue artiste pour être et restée libre, voyager et partager. De Marmande à La Nouvelle Orléans en passant par Paris, c'est ce qu'elle a accompli en toute indépendance et en fédérant autour d'elle.

Caméléon, elle apprend, s'amuse, cherche, s'adapte, grandit: Musique, théatre, doublage, acteur studio...

On ne lui donne pas d'âge. Sans filtre, spontanée, joyeuse, partageuse ouvrant les nuits aux mélopées chaloupeuse à sa voix sublime du jazz, elle réenchante autour.

"On a beau dire, la vie d'artiste, c'est vivre un rêve. Au fond, tu crées, tu donnes, tu existes"

 

 

 

 

 

 

LIENS VERS TEASERS DE MES ANCIENS DOCUMENTAIRES

https://www.youtube.com/watch?v=QLTjFW6HZZI

 

A quoi sert l'argent collecté

Le financement permettra le début d'un tournage ensemble, réunissant toutes les comédiennes et l'équipe dans un décor unique à la campagne (Caméra/son/Lumieres/pré-montage)

Alors que j'ai écris un traitement de ce film, il s'agit maintenant de le mettre en images, de préciser le projet, de le structurer afin d'en faire un film convaincant de 52 minutes pour ces comédiennes de province, que ces invisibles puissent être projetées en grand.

Une demande d'aide à l'écriture à été sollicité le 2 fevrier 2024 auprès de la région Nouvelle Aquitaine - Montant demandé : 7000 euros

Dépot en Mai à Brouillon d'un rêve : 7000 euros

Après obtention d'une première subvention recherche d'un producteur afin d'obtenir le fond de soutien et une aide à la conception auprès du CNC.


Objectif de collecte

8 100,00 €

Montant Global

8 100,00 €

Dépenses

Désignation Montant

Post production

pré- montage. 1 000,00 €
SOUS TOTAL 1 000,00 €

Equipe technique, défraiements et tournage

défraiements et tournage. Réalisatrice, chef opérateur 3 000,00 €
SOUS TOTAL 3 000,00 €

équipe artistique

défraiements 800,00 €
Décor 1 800,00 €
SOUS TOTAL 2 600,00 €

matériel son et vidéo

camera/ son /lumières location matériel 500,00 €
SOUS TOTAL 500,00 €

MONTAGE

Monteuse 1 000,00 €
SOUS TOTAL 1 000,00 €

TOTAL

TOTAL 8 100,00 €

Recettes

Désignation Montant

Proarti

Financement participatif proarti 8 100,00 €

TOTAL

TOTAL 8 100,00 €

MOODBOARD

Les inspirations

« Sois belle et Tais-toi » de Delphine Seyrig 1981

Tout l’enjeu de la démarche de la cinéaste et militante est clair : il s’agit d’incarner avec la plus grande rigueur ce que donnent à entendre et comprendre ces différentes actrices, dans une crudité qui parfois fait mal. Outre une mesure de notre temps – où en sommes-nous avec l’égalité et le respect ? à quel degré de violence systémique les femmes sont-elles encore assujetties ? Le combat pour l’égalité n’est pas fini.

Puis une deuxième inspiration, un documentaire réalisé par Rosanna Arquette en 2002

« Searching for Debra Winger »

Mosaïque de témoignages d’où il ressort une impression de camaraderie, de sororité, de solidarité entre les comédiennes qui tranchent avec l’image de ce milieu que donne trop souvent une certaine presse et une question qui reste en suspens : quel est le rapport au jeu et à l’image ?

Alors aujourd’hui où en est-on ?

Mais à la différence des deux précédents films, ce qu’il m’intéresse de filmer c’est le silence des actrices, leur préparation, leur rapport au corps, à leur visage, leurs déplacements dans une pièce, leurs rituels, plus que le bavardage. Je souhaiterais faire un film presque silencieux.

Le temps de mon documentaire est l’occasion de mesurer le chemin parcouru ou pas ?

Aujourd’hui le fait d’être comédienne de plus de quarante ans, à la campagne, habitat choisi, habitat subi, connues un peu, reconnues parfois constituerait-il une double peine ou un désir profond d’être où elles sont et de partager ce qu’elles nous donnent à voir.

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  • Comediennes de provinces

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Contreparties

Votre nom au générique

pour 30,00 € et +

17 ARTINAUTES

Envoi de rushes plus votre nom au générique

pour 50,00 € et +

21 ARTINAUTES

Envoi de rushes et affiche du film signée

pour 100,00 € et +

14 ARTINAUTES

Projection privée dans votre jardin

pour 500,00 € et +

1 ARTINAUTE

Projection privée débat en presence de la réalisatrice et ou actrice

pour 800,00 € et +

1 ARTINAUTE