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Patrick Coutin
Compositeur, instrumentiste

"Patrick Coutin auteur, compositeur et interprète d’une quinzaine d’albums, de « J’aime regarder les filles » et de « fais moi jouir », 2 tubes emblématiques de la liberté d’expression des années 80, représente presqu’à lui tout seul un des courants du rock français : un rock populaire, provocant, mais aussi primaire, bien que porté sur les textes, tout droit sorti de l’inspiration Anglaise et Californienne des années soixante dix, matinée, coté French touch par un radicalisme politique, désuet peut être, mais parfois touchant.

« J’aurais aimé être le fils spirituel des Rolling Stones et de Leo Ferré… ».

Concilier l’inconciliable en quelque sorte.

"Coutin est un aventurier. Peut-être le dernier beatnik. Il passe sa viesur un magnifique vieux bateau en bois — comme David Crosby et les héros de cette generation sixties qui à marqué la vie ceux qui les ont connus… et même les autres. Coutin habite un rêve. Il a tout vu, tout vécu : Mai 1968, la philo à la Sorbonne, les Beaux-arts de Paris, les États-Unis, San Francisco, les hippies, la critique rock quand elle avait encore quelque chose à dire… Et puis, un beau jour, à l’orée des années quatre-vingt, il a signé un hit immense dès son coup d’essai avec une chanson qui venait déjà d’une autre planète, celle du garage rocksauvage et sexuel des décennies précédentes. « J’aime regarder les filles » est un tube intemporel, qui remplit encore en 2019 les pistes de danse de garçons et de filles dont les parents étaient à peine nés quand le disque est sorti… C’est la chanson qui définit le mieux ce qu’aurait été le rock français s’il avait existé.

Un tube comme ça peut détruire son auteur. Mais Coutin a la peau dure. Et surtout, c’est un pur. Un artiste. Il a continué, en faisant à peu près toujours le contraire de ce qu’on attendait de pour être bien certain de ne pas tomber dans le jeu du show-biz et de la variété commerciale. En choquant, avec une chanson comme « Fais-moi jouir », non publiée à l’époque, aujourd’hui devenue son deuxième plus gros succès : demandez à ces mêmes jeunesd’aujourd’hui… Pour ce qui est de balancer une poésie à la fois crue, désenchantée, urbaine et lumineuse, Coutin est un maître, qui qui a fait ses classes auprés des auteurs mythiques de la beat generation (Kerouac, Ginsberg, Burroughs et bien d’autres).

De l’Heure bleue et Un étranger dans la ville, dans les années 1980, jusqu’à Industrial Bluesau XXIe siècle, ses albums ultérieurs restent à redécouvrir. Un jour on s’émerveillera en réécoutant ces disques remplis de chansons superbes à côté desquelles tout le monde — ou presque — est passé.

Aujourd’hui, en 2019, il publie un fantastique triple album en série limitée, Coutin Paradise (Le Paradis- Triptique), une sorte de somme de tout ce qu’il aime et de tout ce qu’on aime chez lui : des reprises de rock sixtieset des nouvelles chansons remplies de guitares et de ce feeling bluesyqu’il est un des rares en France à pouvoir transmettre sans avoir l’air ridicule. Normal : Coutin n’est pas d’ici. C’est un citoyen du monde. Mais pas de ce monde-ci : d’un autre monde, d’un monde meilleur, à venir. Ou pas."

Stan Cuesta / Février 2019