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Dominique Lurcel
Metteur en scène

Dominique Lurcel a 73 ans.

Tout le long de sa vie, il a mené de front enseignement (il a été professeur de lettres classiques pendant 30 ans, dont 15 passés au Lycée autogéré de Paris- il en a été un des fondateurs) et transmission du théâtre, comme formateur et metteur en scène.

Après des études théâtrales à la Sorbonne (avec Bernard Dort) et du théâtre Universitaire avec L’ATEP, futur Théâtre du Soleil, et en compagnie de Philippe Léotard et de Jean-Claude Penchenat, il rencontre Armand Gatti en septembre 1968. C’est le début d’un compagnonnage de 30 ans, créations collectives et mises en scène de 5 de ses pièces, depuis Les Hauts-plateaux, en 1969, jusqu’à La machine excavatrice, en 1998, en passant par Le Chant d’amour des Alphabets d’Auschwitz, en 1993, La journée d’une infirmière, et un travail sur Les Treize soleils de la rue Saint-Blaise (Comédie de Caen, 1994).

Enseignant, il a, partout où il a professé, mis en place ciné-clubs et ateliers/théâtre. Principalement à partir de la création du Lycée autogéré de Paris, dont les structures et les rythmes scolaires lui permettront de créer et de fidéliser un véritable groupe théâtral, et de construire une dizaine de projets ambitieux et novateurs –ainsi : première en France de La Foire Saint Barthélémy de Ben Jonson, d’Un des derniers soirs de Carnaval de Goldoni, représentés, chaque fois, au moins une dizaine de fois, et souvent joués à l’extérieur (Paris, Avignon, Mantes, Evreux, Vendée ,Venise…).

En 1978, stage déterminant avec Jean-Louis Hourdin, autour du Comique populaire.

De 1981 à 1986, Dominique Lurcel fait partie de l’équipe d’encadrement des stages de formation/réalisation mis en place, chaque mois de juillet -26 jours- dans le Cher, par la Ligue de l’Enseignement.

(Ce plaisir du travail avec des amateurs, jeunes et adultes, ne s’est jamais émoussé par la suite, et fait partie intégrante, aujourd’hui encore, de sa démarche, et de celle de sa Compagnie.)

En 1983, il publie Théâtre de Foire au XVIIIe, (Christian Bourgois, 10-18), anthologie qui sera à la source de nombreux spectacles, dont Théâtre de Foire, que Jean-Louis Barrault monte en 1986 pour le 40e anniversaire de sa Cie. Dominique Lurcel est associé par Barrault à toutes les étapes de la construction du spectacle.

En 1989, il crée sa première mise en scène professionnelle : Lenz, de Büchner.

Suivent un Perec (Choses communes) un Diderot (Le supplément au voyage de Bougainville), Passion simple, d’Annie Ernaux,… En 1995, il est invité au Festival d’Avignon In (Chapelle des Célestins) avec son spectacle Ferdinando Camon : Conversations avec Primo Levi, qui va connaître une vie de sept saisons.

Fin 1996, première mise en scène de Nathan le Sage, de Lessing, qu’il traduit –avec Thierry Bosc dans le rôle-titre.

L’année suivante, il fonde sa compagnie, Passeurs de mémoires.

Avec elle, depuis, il a créé quinze spectacles. Dont deux pièces de Nathalie Papin (Mange-Moi en 2000 (200 représentations), et Debout en 2007 ; deux textes de Jean-Pierre Siméon : Soliloques, en 2000 (120 représentations), et Stabat Mater Furiosa en 2006 ; un Mistero Buffo Caraïbe sur des textes de Dario Fo (Théâtre de la Tempête, 1999, tournées Antilles, Bénin, France), une pièce napolitaine contemporaine, Le Baisemain, de Manlio Santanelli…En 2004, il revient à Nathan le sage (deux saisons au théâtre Silvia Monfort, Paris ; tournées en France, au Maroc et en Israël), texte dont il assure l’édition en collection Folio-Théâtre (Gallimard) . En 2006, il adapte et met en scène Une saison de machettes, à partir des paroles de tueurs hutus recueillies par Jean Hatzfeld (Paris 2006, Avignon 2007 et tournées en France)

Depuis 2006, il a entamé un travail- qui s’est révélé de longue haleine…- autour des traces de la colonisation : Folies coloniales, Algérie années 30, d’abord, un spectacle-revue construit à partir des textes officiels de la commémoration, en 1930, du Centenaire de l’Algérie française, spectacle coproduit par la Grande Halle de la Villette, où il a été joué en mars 2009, avant tournée en France et en Algérie (Alger, Théâtre National). Puis, à partir de mars 2011, Le Contraire de l’amour, Journal de Mouloud Feraoun 1955/1962, (Avignon 2011, puis tournée, représentation à L’Odéon-Théâtre de l’Europe le 13 février 2012, tournées en Algérie, reprise à la Maison des Métallos, Paris novembre 2012, tournée en France 2012/2013, Festival de Sarlat 2013, encore en tournée cette saison: plus de 100 représentations au 1er janvier 2017.). Enfin, avec de jeunes adultes d’Aubervilliers, de Saint-Ouen et du Nord-Est de Paris, Pays de malheur ! à partir du livre éponyme de Stéphane Beaud et Younès Amrani (La Découverte, Paris, 2004), créé en mars 2013 (Maison des Métallos, Paris/ espace 1789, Saint-Ouen).

Il a, par ailleurs, mis en scène, en 2010, L’Exception et la règle, de Brecht (Paris, Confluences).

En mai 2013, invité par la Ville de Vaulx-en-Velin, il a mis en scène l’ « opéra de Terezin », Brundibar, avec près de 70 enfants du Conservatoire de Musique.

A Lyon, depuis 2014, il accompagne un groupe de jeunes rescapés tutsis dans une démarche de transmission de mémoires, qui a pris la forme d'un "spectacle", "Tutsi!"

Après "Comme si j’étais à côté de vous", adaptation des lettres de Diderot à Sophie Volland, créé fin 2013 en Ile de France, repris en mars 2014 à Paris, Musée Cognacq-Jay (75003), puis au Festival d’Avignon, juillet 2014, puis en tournée, il a repris (Paris, Essaion, puis Avignon 2015, et actuellement en tournée) son spectacle Conversations avec Primo Levi, qui a été joué dans toute la France entre 1995 et 2001. A ce jour, plus de 170 repésentations.

Début 2015, son Théâtre de Foire au XVIIIe a été réédité en collection Folio-Théâtre (Gallimard).

Après les attentats de janvier 2015, il a créé à Lyon une petite "compagnie d'intervention": Parole donnée. Comme une petite soeur lyonnaise de Passeurs de mémoires.